Communiqué de « SOLIDAIRES » Fonction Publique

   

JPEG - 30.6 ko

Communiqué SOLIDAIRES 

 

Précarité dans la Fonction Publique

STOP ou ENCORE PLUS ?

A mi-parcours du cycle de négociations que le gouvernement a proposé aux organisations syndicales des trois versants de la Fonction Publique (Etat, Territoriale, Hospitalière) et qui devrait s’achever le 10 février… il n’est toujours pas possible d’avoir des réponses claires de la part du gouvernement, à cette question.

 D’un côté, les ministres en charge de la négociation sur ce dossier (F. Baroin et G. Tron) nous assurent que « la négociation qui nous réunit vise à enterminer avec la précarité dans la Fonction Publique » et que leur projet est fondé sur «une volonté de justice sociale».

Ils réaffirment solennellement, à chaque réunion que, pour eux comme pour les syndicats, «le principe c’est qu’un emploi correspondant à un besoin permanent doit être occupé par un fonctionnaire».Ils tiennent, ainsi, à se démarquer de certains députés UMP partis à l’assaut contre le statut des fonctionnaires dont les déclarations visent à supprimer l’emploi de «fonctionnaire à vie» et à «réserver le statut de la fonction publique aux agents exerçant une fonction régalienne».

D’un autre côté, les représentants de ces mêmes ministres, qui mènent les négociations, passent beaucoup de temps à essayer de convaincre les syndicats qu’il faut encore élargir les cas où la loi permet de recourir à l’emploi de non-titulaires.

Il n’y aurait, ainsi, plus de limites au recrutement de non-titulaires pour des « besoins saisonniers » (la saison pourrait durer toute l’année…) ou pour remplacer durablement des titulaires et occuper ainsi indéfiniment des emplois permanents, en contradiction avec le statut qu’ils prétendent défendre. Poussant plus loin la provocation, ils ne veulent toujours pas abandonner l’idée, pourtant rejetée par tous les syndicats, d’instaurer dans la loi une nouvelle catégorie de contrats précaires, les «contrats de projet à terme incertain». Ces contrats sont pourtant synonymes de «précarité à vie» et les collègues de l’INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) en font déjà l’amère expérience.

 De plus, jamais les questions essentielles, des moyens à mettre en oeuvrepour atteindre les objectifs affichés de « mettre fin à la précarité existante et d’empêcher qu’elle se reconstitue aussitôt », ne sont abordées. Quels moyens se donne le gouvernement pour résorber effectivement les centaines de milliers d’emplois précaires existants ?

 Sur quels emplois seront intégrés les non-titulaires ?                                                            Comment seront financés ces emplois ?                                                                                     Combien d’agents bénéficieront réellement de ce plan de résorption de la précarité prévu sur 3 ans ?                                                                                                                                Quels dispositifs seront mis en place pour que tous les agents non-titulaires qui assurent, de fait, des besoins permanents, soient recensés sur le terrain et maintenus en poste, jusqu’à ce qu’une solution d’intégration effective, par titularisation ou à défaut par recrutement en CDI, leur soit proposée ?                                                                                                                                          Sans cela, la promesse de résorption de la précarité ne sera qu’un mirage !

Quels moyens se donne le gouvernement pour «fermer le robinet» de la précarité dans la Fonction Publique ? Va-t-il s’attaquer aux causes structurelles ?

 Va-t-il créer les emplois permanents nécessaires alors qu’il ne cesse d’en supprimer ?

Pour Solidaires, tant que la politique dogmatique du gouvernement sera d’afficher et de maintenir le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite, tous les beaux discours ne pourront nous convaincre qu’il y a une réelle volonté de mettre un terme à la précarité dans la Fonction publique.                                                                            Va-t-il cesser de développer, une politique de financement d’activités par projets, au coup par coup, qui ne permettent d’embaucher que des CDD ?                                            Pour Solidaires la volonté affichée d’éradiquer la précarité dans la Fonction Publique est incompatible avec le maintien et le développement d’Agences de moyens, telle l’ANR (Agence Nationale de la Recherche), qui sont de véritables « usines à précaires ».

Le gouvernement doit apporter des réponses précises à toutes ces questions.

 A défaut, son projet apparaîtrait, au mieux, comme une coquille vide, une opération de « communication » uniquement montée pour donner l’illusion que la promesse de titularisation, faite il y a un an à la télévision par Nicolas Sarkozy, a pris corps.

Au pire, il apparaîtrait comme un pas de plus dans le détricotage du statut des fonctionnaires, en parfaite cohérence avec les projets de l’UMP. Les précaires, à qui l’on aurait fait miroiter une intégration sur un emploi de titulaire ou de CDI, apprécieraient beaucoup cette instrumentalisation de leur situation !

Solidaires ne cautionnera pas de telles éventualités

et saura les dénoncer ! 

Ensemble, avec les personnels, non-titulaires et titulaires, nous exigerons un vrai plan de régularisation de tous les « sans-statut» et défendrons le statut des fonctionnaires, garant de l’indépendance et de la neutralité de la Fonction Publique.

Publié dans Infos Solidaires | Laisser un commentaire

Congrès SUD Collectivités Territoriales du 16 au 18 novembre

Laisser un commentaire

Bonnes fêtes de fin d’année !

Bonnes fêtes de fin d’année !

Publié dans Infos SUD département 44 | Un commentaire

Le mouvement social est légitime, il continue !

Le mouvement social est légitime, il continue !

Déclaration commune des organisations syndicales : CFDT, CGT, FSU, SOLIDAIRES, UNSA, SEN, UNEF, UNL

Après plusieurs semaines de mobilisation et malgré les moyens déployés par le gouvernement pour tenter d’accréditer l’idée que « la page retraite » est tournée, ce sont 1,2 million de salariés qui ont manifesté le 6 novembre dans 243 villes contre cette réforme des retraites injuste et inefficace. En Loire-Atlantique, la mobilisation a été maintenue.

La promulgation précipitée de la loi, censurée sur son versant « médecine du travail », n’efface pas son caractère injuste. Les organisations syndicales continueront d’agir pour la réduction des inégalités, une véritable reconnaissance de la pénibilité et d’autres alternatives pour le financement du système de retraites par répartition. Elles réaffirment leur attachement au maintien de l’âge légal de départ en retraite à 60 ans et de l’âge du taux plein à 65 ans.

Elles constatent que la situation économique et sociale reste très dégradée et toujours préoccupante pour les salariés, les retraités, les chômeurs et les jeunes qui subissent toujours durement les conséquences d’une crise qui dure.

Les organisations syndicales considèrent que la mobilisation d’un niveau exceptionnel depuis plusieurs mois a mis en lumière l’insatisfaction criante des salariés et leurs revendications en matière d’emploi, de salaires, de conditions de travail, d’inégalité entre les femmes et les hommes, de fiscalité et de partage des richesses. Elles décident d’approfondir leurs analyses et propositions sur ces questions afin d’interpeller le gouvernement et le patronat.

__________________________

 Les organisations syndicales de Loire-Atlantique appellent à des arrêts de travail pour participer aux rassemblements et manifestations le 23 novembre :

NANTES, 11h, Place du Commerce

 

Publié dans Infos SUD département 44 | Laisser un commentaire

La position du Président de la République sur la retraite à 60 ans

Publié dans Vidéo | Laisser un commentaire

La manifestation du 6 Novembre est l’ultime garantie de démocratie !

La manifestation est l’ultime garantie de démocratie. Participons massivement à la manifestation du samedi 6 novembre !

Toutes et tous dans la rue samedi 6 novembre 2010 à 15H devant le CHU !

Publié dans Infos SUD département 44 | Laisser un commentaire

Madame Flora : vingt cinq années de vie ouvrière, de ménage et de plonge

Les corps de l’usure

Madame Flora : vingt cinq années de vie ouvrière, de ménage et de plonge

Madame Flora est femme de ménage dans un collège. Tous les jours elle fait le ménage de cinq classes, trois bureaux, deux couloirs, deux halls et un escalier. Le seul point d’eau se trouve au rez-de-chaussée. Elle doit donc monter ses seaux d’eau par l’escalier où les bandes antidérapantes ont été arrachées depuis longtemps. Son chariot de ménage se trouve en revanche au premier étage. Elle préfère descendre son équipement à la main. La descente du chariot par les escaliers est périlleuse et lui a déjà valu un accident de travail lorsque la totalité du chariot a basculé sur son pied droit.

Le sol est un lino usé sur lequel elle effectue un balayage humide, mais en hiver, elle doit le laver tous les jours à grande eau ; elle se sert alors d’un balai à franges, qui se manipule en effectuant des mouvements en huit sur le sol. Puis on essore les franges dans le chariot à presse en appuyant très fort de façon répétée. Ce balai à franges a été introduit il y a plusieurs années dans les services de nettoyage, où il est venu remplacer le vieux balai-brosse. _ Heureusement Madame Flora a conservé la brosse, qui lui permet, périodiquement, chaque fois que le lave-linge du collège tombe en panne, de brosser vigoureusement, et à la main, les lavettes à franges.

Madame Flora nettoie de cette façon environ 1 500 m2 tous les jours, car elle travaille dans le plus gros collège de la ville. Pour laver par terre, elle bascule les chaises sur les tables afin de libérer le sol. Vers 11 heures, elle rejoint le service de restauration où sont servis chaque jour 700 repas, elle empoigne les piles d’assiettes, met les plats en chauffe, soulève les paniers à vaisselle, puis nettoie le réfectoire à grande eau après avoir retourné une par une les chaises sur les tables. Elle alterne cette tâche avec la grosse plonge, c’est-à-dire la vaisselle des plats et casseroles diverses.

Madame Flora fait ce travail depuis vingt-cinq ans. Elle a commencé à travailler à l’âge de 16 ans comme bonne à tout faire chez des voisins. Puis elle a fabriqué des ceintures en cuir dans une petite usine de la région, à la chaîne, dans un vacarme assourdissant. Elle y est restée trois ans, a connu le chômage, puis elle a élevé trois enfants. Madame Flora ne m’a jamais dit que son métier était pénible. Lorsque je l’ai convoquée pour sa consultation, elle a demandé à changer l’heure afin de ne pas « gêner le travail ». La secrétaire n’est pas parvenue à la convaincre que cette visite médicale était un droit, et qu’elle se déroulait, précisément, pendant ses heures de travail. Elle s’est montrée surprise de mes questions, et m’a dit d’un ton fatigué « ah ! mais alors, il faut tout vous expliquer ».

Un parcours jonché des morceaux de son corps

En l’examinant, j’ai constaté que j’arrivais un peu tard. Madame Flora ne fait pas exception à la règle de trois diabolique qui veut qu’une ouvrière d’usine qui travaille vingt ans comme femme de ménage ne puisse plus enfiler une manche ni s’habiller seule lorsqu’elle part à la retraite. J’ignore combien vaut son épaule opérée deux fois, son coude troué et son pouce déformé, je ne sais pas ce qu’ils valent, mais je sais exactement ce qu’ils coûtent : dix-huit mois d’arrêt de travail pour l’épaule deux fois de suite, quarante semaines de rééducation, 8 infiltrations dans le coude, 4 scanners, 2 IRM, puis un minimum de trois mois d’arrêt par an les bonnes années, 5 hospitalisations en service spécialisé. Je passe sur une surdité professionnelle de l’oreille droite, non déclarée et non reconnue, qui aurait besoin d’être appareillée.

Des morceaux de son corps jonchent ainsi son parcours professionnel, et j’apprends aujourd’hui que s’il se disloquait un peu plus, elle pourrait peut-être ne pas travailler au-delà de 60 ans. Une sorte de prime à la casse, mais sans la bagnole. Votre carcasse est trop usagée, vous pouvez dégager. En revanche, on ne pourra pas vous proposer de carcasse neuve. Alors ça nous fait deux fois l’épaule, mais comme c’est la même, ça compte pour une seule, le pouce est guéri et le coude reste plié, mais c’est le coude gauche, et vous êtes droitière. Ce n’est pas Madame Flora qui fera remarquer que l’on tient un balai des deux mains, surtout lorsqu’il faut faire des mouvements en huit. On ne va pas arriver à 10 % avec ça.
Ce n’est pas Madame Flora qui dira que son travail est pénible, surtout avec encore deux ans de crédit à rembourser. Son travail elle l’adore, parce qu’il y a les enfants, parce que c’est « son » collège, parce qu’elle y retrouve depuis des années les mêmes femmes dont elle partage l’histoire. Mais surtout, elle a tout simplement besoin des ressources de son travail pour assumer une situation des plus banales : un mari chauffeur routier actuellement au chômage, deux enfants qui vivent chez elle et font des études. Ensemble nous parvenons à aménager son poste de travail pour qu’elle puisse continuer à travailler sans se mettre en danger.

Au collège, elle pourrait occuper à temps partiel un poste de standard et d’accueil, réceptionner les livraisons tous les matins, raccompagner les visiteurs et les parents. Ce serait toujours ça de ménage en moins. L’après-midi, on pourrait s’arranger pour qu’elle travaille en rez-de-chaussée, et qu’elle ne manutentionne plus les chaises. Elle les poussera, ça ira. Avec l’intendant du collège, je parviens à la faire dispenser de restauration, elle restera à la loge, où justement, à cette heure-là, il n’y a personne. Elle ne récupérera pas la mobilité de son épaule, mais elle n’aura pas de nouvelles lésions, et son coude ne rechutera pas. Grâce à cet aménagement de poste, sa situation est réglée.

Cet aménagement de poste a pu être obtenu car Madame Flora travaille pour un collège, c’est-à-dire dans le service public. Ses collègues qui nettoient les bureaux et les sanitaires collectifs des entreprises implantées juste en face du collège, les intérimaires des services de nettoyage qu’elle croise le matin vers 5 heures en partant travailler, n’auront pas de poste aménagé si elles ont un problème de santé lié au travail. Elles seront rapidement licenciées et resteront au chômage. Les collègues de Madame Flora sont sans aucune alternative. Ce ne sont pas des salariées usées en quête d’une retraite anticipée, mais des chômeuses qui cherchent du travail. Qui paiera leur retraite si elles restent au chômage plus de dix ans ? Le projet de loi actuel sur les retraites ne le dit pas.

Les « usurologues » au pouvoir

Madame Flora fait-elle un métier pénible ? Est-ce pénible de travailler quarante ans sur la voie publique en étant soumis aux vibrations d’un marteau-piqueur ? Est ce pénible de soulever des bornes de 200 kg ? Est-ce pénible de ramper dans un vide sanitaire, ou de réparer une carrosserie ? Un enfant de 5 ans saurait répondre à cette question. Il saurait montrer du doigt, sur les pages d’un abécédaire, les métiers difficiles : il reconnaîtrait le maçon, le déménageur, le couvreur, le plombier l’aide-soignante, le pompier, l’égoutier, la femme de ménage. Il remarquerait que ces corps-là, au travail, ne sont pas assis sur un siège, mais accroupis à genoux sur la voie publique, pliés sous un chauffe-eau, perchés en haut d’une échelle, courbés en avant sur un évier.

Ces gestes du travail qui définissent la pénibilité de certains métiers sont parfaitement décrits par les chercheurs, les ergonomes, les médecins du travail, les médecins-conseils, les ingénieurs en prévention, les médecins généralistes, et figurent dans toutes les publications professionnelles. Même le législateur les connaît, qui les a répertoriés et décrits en détail dans les tableaux de maladies professionnelles.

Le projet de loi sur les retraites ignore ce savoir. Pour juger de la pénibilité d’un métier, il est prévu, en bout de chaîne, de mesurer l’usure professionnelle d’un travailleur. On crée pour ce faire une commission d’usurologues. Peu importent les gestes devenus impossibles, les mouvements limités par la douleur, le manque de souplesse, le vieillissement forcé du corps. Seuls comptent la lésion et son score. L’amputation des gestes reste invisible. L’incapacité permanente partielle ou « taux d’IPP » ne mesure que les séquelles d’une blessure au travail. Peu importent aussi les effets retards, liés à certaines expositions : cancers professionnels liés aux goudrons, benzène, solvants, amiante. Ces expositions qui distinguent radicalement certaines catégories de travailleurs, qui sont à l’origine d’une inégalité repérée devant la santé, le vieillissement, la maladie et la mort, sont ignorées.

On renverra donc au travail, et le plus souvent au chômage, des personnes usées par les gestes du travail mais aussi des personnes multi-exposées, dont on sait de façon scientifique et statistique qu’elles développeront des pathologies qui raccourcissent leur espérance de vie. Pas un mot sur les responsabilités de l’employeur. Pas une ligne sur l’obligation qui pourrait lui être faite, dans un contexte où l’on ne parle que d’allonger la durée de travail, d’aménager des postes et de mettre en place des reclassements. Pas la moindre injonction à prévenir, au sein de l’entreprise, le devenir de ceux dont on ne parle plus nulle part : les ouvriers, les artisans, les manutentionnaires, les agents de nettoyage. Au plus haut niveau de l’Etat, on ignore leur existence. On les redécouvre dans la rue, à l’occasion des manifestations contre la réforme des retraites, avec un écriteau laconique comme celui-ci : « Je vieillis plus vite que mon âge. »

Une disparition programmée de la médecine du travail

Pour décrire les gestes d’un poste de travail, pour identifier les expositions aux risques, pour reconstituer les parcours professionnels et par là même les expositions des travailleurs, il faut quelqu’un pour interroger, examiner, vérifier, étudier le poste de travail, lire les fiches de sécurité, repérer les pathologies professionnelles. Il faut un médecin du travail. C’est précisément au sein du même texte législatif qu’il est question de faire disparaître ce rôle spécifique du médecin du travail. Sa légitimité et son autorité, puisqu’il sera de toute façon placé sous l’autorité d’un chef de service de santé au travail, lui-même sous l’autorité de l’employeur. Si médecin du travail il y a, ses missions seront définies par l’employeur, et non par la loi. Et afin d’être bien clair, on supprime au passage la clause d’autonomie qui doit figurer dans le contrat d’un médecin du travail.

Qui s’occupera d’aménager le poste de travail de Madame Flora ? Qui signalera qu’il n’y a pas assez d’aide au port de charges dans l’entreprise ? Qui accueillera un salarié atteint de cancer à son retour pour examiner avec lui comment son poste de travail doit être organisé ? Qui pourra témoigner au sein de l’entreprise d’une méthode qui consiste à fixer de nouveaux objectifs de productivité sans donner aux salariés les moyens de les atteindre ? Qui affirmera que ce mode d’organisation génère des troubles psychiques et des suicides ? Personne. Personne pour voir, donc personne pour savoir. Personne pour nommer, pour recenser, pour entendre. Personne pour rechercher, établir, documenter une maladie professionnelle dont on devrait observer bientôt une disparition progressive. Les maladies professionnelles disparaîtront en même temps que les médecins du travail. Sans travail clinique, sans observation des gestes du travail, il n’y a plus de maladies professionnelles. Quant aux accidents du travail mortels – deux par jour en France – qui en analysera les causes, autrement que de façon mécanique ? Est-ce la même chose de tomber d’une échelle si l’on est en conflit avec son chef d’équipe, si l’on n’a pas de chaussures adaptées, ou si l’on prend un traitement qui contre-indique le travail en hauteur ?

Ainsi, pour réformer les retraites, on table sur une société imaginaire où les ouvriers n’existent plus, et où les cadres de plus de 50 ans sont tous au travail. Pour régler la facture, on s’adresse en tout premier lieu à des chômeurs. En second lieu aux travailleurs exerçant des métiers dont les tâches ne peuvent physiquement être exécutées à n’importe quel âge, dont le poste de travail doit nécessairement évoluer, sous la responsabilité, voire à l’initiative, de l’employeur. _ Cette responsabilité n’est pas mentionnée. Au contraire, on distribue au passage une prime à la casse et non à la prévention. On nie tout à la fois la réalité des disparités sociales, la réalité des inégalités au travail et la réalité des corps. Pense-t-on que l’on va maintenir de force au travail des gens qui ne peuvent plus faire leur métier ? Ils seront contraints de quitter le monde du travail bien avant de pouvoir toucher une retraite à taux plein. Quant à ceux qui resteront, c’est bien avec leur corps qu’ils paieront leur retraite.


 
Depuis les dispensaires de Médecins sans frontières jusqu’au droit à la santé des sans-papiers, Noëlle Lasne n’a cessé d’être confrontée à la question des métiers pénibles.

Membre du comité de rédaction de la revue « Pratiques », Noëlle Lasne a contribué à La santé des malades, ouvrage collectif (2009) du centre d’études de l’emploi, sous la direction de Serge Volkoff.

Noëlle Lasne, médecin du travail Article paru dans l’édition du Monde du 12.10.10 et republié par Pratiques, en accord avec Le Monde.

Noëlle Lasne, médecin du travail
Publié dans Infos SUD département 44 | Laisser un commentaire

Partage des Richesses !

Publié dans Vidéo | Laisser un commentaire

28 octobre, 6 novembre : poursuivre les mobilisations

COMMUNIQUE DES ORGANISATIONS

CFDT, CFE/CGC, CFTC, CGT, FSU, SOLIDAIRES, UNSA, SEN, UNEF, UNL

La participation des jeunes est toujours forte, particulièrement en Loire-Atlantique. Elle reflète, au-delà de la question des retraites, leur inquiétude quant à leur avenir et à la situation de l’emploi.

Différents sondages réalisés ces derniers jours confirment que le mouvement recueille un très large appui de la population confirmant que c’est par  un large débat public et une véritable concertation en amont qu’il faut aborder une  réforme importante comme celle des retraites.

Les organisations syndicales appellent à poursuivre les mobilisations afin de rassembler le plus grand nombre et amplifier le soutien de l’opinion publique. Elles appellent leurs organisations dans les territoires, les entreprises, les administrations à poursuivre les initiatives unitaires, à tenir des assemblées générales unitaires pour appeler les salariés et les jeunes à faire grève, manifester et décider collectivement du niveau de mobilisation. Elles veilleront, dans un esprit de responsabilité au respect des droits, des personnes et des biens collectifs.

Elles soutiennent les salariés en grève et les jeunes en lutte.

Le gouvernement porte la responsabilité pleine et entière de la poursuite de la mobilisation compte tenu de son attitude intransigeante, de son absence d’écoute et de ses provocations à répétition. Il ne peut pas répondre à la situation actuelle par le déni et la répression. Nos syndicats condamnent le recours à la violence, les provocations, ainsi que les répressions policières.

Les organisations syndicales appellent solennellement le gouvernement et les parlementaires à ne pas adopter cette réforme injuste.

Les organisations syndicales confirment que c’est par un large débat public et une véritable concertation en amont qu’il faut aborder une  réforme importante comme celle des retraites.

Fortes du soutien des salariés, des jeunes et d’une majorité de la population et face à une attitude intransigeante du gouvernement et du chef de l’État, les organisations syndicales décident de continuer et d’élargir la mobilisation.

Elles décident de deux nouvelles journées de mobilisation, de grèves et manifestations dans la semaine du vote au Parlement et de mobilisations et manifestations avant la promulgation de la loi par le chef de l’État

Jeudi 28 octobre 14 H 30

Samedi 6 novembre 15 H 00

Ÿ NANTES – CHU

Ÿ ST NAZAIRE – Place de l’Amérique Latine

Ÿ ANCENIS – Station Esso

Ÿ CHATEAUBRIANT – Place de la Mairie

Publié dans Infos SUD département 44 | Laisser un commentaire

Samedi 16 octobre dans la rue

 

 La pression sur le gouvernement s’accentue, passons à la vitesse supérieure. Beaucoup d’actions ciblées se passent tous les jours et partout. Le blocage des raffineries, et le blocage des dépôts pétroliers commence à porter ses fruits.

Samedi 16 octobre dans la rue devant le CHU à 15H 

Publié dans Infos SUD département 44 | Laisser un commentaire